Toutânkhamon : “le Trésor du Pharaon”

Sur les plus de 5 000 pièces issues de la nécropole du pharaon, 150 œuvres sont exposées à Paris – dont 50 pour la première fois – pour célébrer le centenaire de la découverte du tombeau par le britannique Howard Carter. Il s’agit de leur dernier voyage avant leur intégration dans le nouveau musée en cours de construction à Gizeh.

Dans l’Egypte antique, le défunt meurt définitivement lorsque son nom n’est plus prononcé. Décédé vers 18 ans, Toutânkhamon est tombé plus de 3 000 ans dans l’oubli, son nom ayant été effacé de la liste des souverains par ses successeurs… Le jeune pharaon reprend ainsi vie dans une exposition plus riche encore que celle qui marqua les esprits en 1967 au Petit Palais.

Statues et statuettes, carquois, amulettes, mobilier, joyaux, vases, ornements de char nous transportent à l’époque où l’Empire égyptien fut à son apogée. Témoins d’une des plus brillantes civilisations de l’Histoire, ces artefacts à l’état exceptionnel impressionnent par le travail de haute précision qui leur confèrent une perfection et un raffinement sans pareil. Figures humaines au sourire tranquille, divinités hybrides et animaux se côtoient dans un luxe de matières précieuses, de couleurs vives et d’éclats dorés.

Le trésor se dévoile sur 2 000 m2 à travers les mythes et les rites funéraires égyptiens, les dieux, la découverte archéologique du tombeau et l’étude scientifique de la momie. Parmi la diversité d’objets qui devaient accompagner Toutânkhamon dans le royaume des morts, on citera le petit trône d’enfant du pharaon en ivoire et en ébène, ses gants en lin tissés de soie, un éventail en plumes d’autruche, le gardien de sa sépulture grandeur nature, un canope en or massif en forme de sarcophage miniature et une statuette du pharaon conduit par une panthère vers l’éternité.

Baignant dans la pénombre, elles sont valorisées par des jeux de lumière dont les tonalités, en arrière-plan, sont parfois changeantes. Exposées dans des vitrines anti-reflets favorisant la circulation autour d’elles, elles s’accompagnent de cartels descriptifs placés à bonne distance du visiteur. Dans l’espace dédié à la découverte du tombeau, la scénographie associe des vidéos et des projections de diapositives combinées aux panneaux pédagogiques.

L’histoire de cette exposition se poursuit à Gizeh, une partie de l’argent récolté par l’exposition contribuant à financer le nouveau musée national. Situé à 25 kilomètres du Caire, cet édifice long de 500 mètres devrait ouvrir ses portes fin 2020 après plus de 15 ans de gestation. Il est destiné à devenir le plus grand musée d’égyptologie au monde mais aussi, du fait de ses 17 laboratoires, un espace de formation et de recherche de référence pour les sites antiques du Moyen-Orient. Parmi les 100 000 pièces qu’il abritera figurera le trésor de Toutânkhamon qui sera pour la première fois exposé dans son intégralité, et qui méritera à coup sûr le voyage.

Jusqu’au 22 septembre à la Grande Halle de La Villette – tarif 22 € en semaine, 24 € en week-end